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J-12 : L'utilité du vote Front de Gauche

L’utilité du vote

Posté le 12 mars 2015

Le 22 mars prochain, dans quelques jours, il s’agit d’élire des conseillers départementaux et de rien d’autre. Des élus qui géreront ces territoires selon les orientations politiques des nouvelles majorités issues des urnes, plus ou moins sociales, solidaires, écologiques et démocratiques. Il ne s’agit donc pas d’un référendum pour ou contre le Front national, comme pourrait le croire un extraterrestre débarquant en France.

Le parti d’extrême-droite lepéniste a sciemment été placé au centre du débat politique sur un fond marécageux d’affaires, de renoncements et de promesses non tenues, de petites tactiques politiciennes, de stratégies d’appareils, de brouillage et de déconstruction de repères et d’idéaux communs aux républicains et aux démocrates. L’objectif des promoteurs d’une telle stratégie suicidaire est de tenter d’obtenir au moins un statut-quo politique pour de nouvelles régressions sociales.
Des faramineux profits des sociétés cotées en bourse, révélés la semaine dernière, pas question d’en débattre et donc d’y trouver des raisons de réclamer une nouvelle redistribution des richesses.
L’abject spectacle de nouvelles forces fanatiques niant toute humanité d’un côté et son pendant, composé de troupes xénophobes, racistes, antisémite, antimusulman, phallocrates, pouvant insulter Mme Taubira, Mme N. Belkacem ou s’attaquer à des communistes dans la rue, formant les escadrilles de l’extrême-droite, est en train de préparer un mélange très détonant dont tous les citoyens, les démocrates auraient à souffrir, s’ils n’y prenaient garde.

Dans un tel contexte, pour un progressiste, un républicain, s’abstenir ne ferait que nourrir les bêtes immondes. Mais ceux qui, comme le Premier ministre, utilisent cette situation dangereuse pour manier la peur et pour accuser les forces de la gauche transformatrice de ne pas se rallier à son panache de plus en plus blanc, tentent une opération politicienne feignant de ne pas voir que c’est précisément le rejet de la politique gouvernementale et le climat de désespérance qui poussent des citoyens à se tourner vers le pire. Et le refus d’un vrai débat politique à gauche, aggrave encore la perception selon laquelle il n’y aurait pas d’autres perspectives que des alternances entre divers partis, pour une même politique toujours aggravée. L’unité à gauche est mission impossible sur des choix de régression pour le monde du travail et de la culture, pour les chômeurs, les retraités, les petits entrepreneurs, tous les assurés sociaux et les collectivités territoriales. Des choix qu’applaudissent le MEDEF et la finance. S’abstenir ou, pour la énième fois, céder aux sirènes d’un prétendu « vote utile » reviendrait à laisser faire sans rien changer et, surtout, n’offre aucune résistance à l’ascension d’une extrême-droite qui y puiserait de nouvelles forces.

Les candidates, les candidats associés, dans une démarche unitaire, au Front de gauche et aux communistes offrent heureusement une alternative à ces choix mortifères qui font le lit de la droite et l’extrême droite. Les soutenir le 22 mars et permettre l’élection du plus grand nombre d’entre eux le 29, peut avoir d’importantes conséquences sur la vie quotidienne des familles et le devenir de chaque département.
Les Conseils départementaux accompagnent les femmes, les hommes, les jeunes tout au long de leur vie. Ils sont souvent le principal bouclier social face à la crise en assurant le RSA, l’aide sociale à l’enfance, celle aux personnes âgées et aux personnes handicapées. Au moment où beaucoup de gens posent la question du mieux vivre ensemble et de l’éducation, ils font vivre la culture au plus près des citoyens et assurent la construction, l’entretien et l’équipement des collèges.

Les départements gèrent 33,9 milliards d’euros au titre des crédits sociaux. Deux fois moins que le coût annuel de la fraude fiscale en France. Presque la moitié des sommes versées par les entreprises cotées en bourse à leurs actionnaires en 2014, sous forme de dividendes et de rachats d’actions ! De cela, on ne discute nulle part puisque l’ennemi désigné par les apôtres de l’austérité sans fin, n’est autre que la dépense publique sociale, utile à la vie quotidienne de l’immense majorité et indispensable à la cohésion sociale du pays.

En s’attaquant aux missions des départements par le double biais de la réforme territoriale et de la baisse des dotations, les apprentis sorciers de l’obsession budgétaire mettent en péril la République et ses valeurs, laissant des territoires entiers dans l’incertitude. De nombreux Conseils généraux, coincés entre la baisse des dotations et l’augmentation de la précarité, tirent d’ores et déjà la sonnette d’alarme sur le RSA dont le financement devient de plus en plus difficile à assumer. Cette logique, purement comptable, dépolitisée, n’a pour effet que de pousser vers l’abstention de très nombreux électeurs qui, à leur corps défendant, permettent ainsi une surreprésentation du Front national. Un républicain, un progressiste a-t-il déjà imaginé un seul instant les conséquences de l’action d’élus d’extrême droite qui siègeraient dans les conseils d’administration des collèges et influeraient sur l’éducation des adolescents ?

Sortir de cette ornière réclame de mettre au cœur du débat et de l’action publique la question sociale et démocratique. De promouvoir une conception dynamique de nos territoires et de nos institutions, d’ouvrir un large débat sur les compétences, les financements, les lieux de concertation et de débat à inventer et les périmètres des missions de services publics. Les départements, par exemple, sont des structures que l’on pourrait mettre en avant pour répondre à l’immense défi de l’autonomie des personnes âgées : maisons de retraite, établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Au lieu de cela, décision est prise de torpiller ces missions et de fragiliser ces budgets.

Il y a urgence à porter dans les assemblées départementales des élus qui, à gauche et dans l’écologie politique, ont de telles ambitions. Il s’agit de freiner le développement des inégalités, de garantir l’égalité territoriale, de modifier le rapport de forces contre l’austérité. D’innover dans les territoires et de replacer l’enjeu du progrès social et humain, du travail et de la création au cœur des débats.

http://patrick-le-hyaric.fr/lutilite-du-vote/

Tag(s) : #PROPOSITIONS

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